[En coulisses] Un lendemain d’élection présidentielle chez L’Obs

-Mai 2017-

A la suite d’une erreur de citation prononcée par Jean-Luc Mélenchon, les community managers de l’Obs ont fait face à la colère des internautes.

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Antoine Patinet et Tom Mery sont deux community managers à temps plein  chez l’Obs.

En ce lendemain de l’élection présidentielle, depuis la rédaction située place de la Bourse à Paris, le pôle web de l’Obs publie son tout premier mea-culpa sur les réseaux sociaux. Pour cause, une erreur commise le soir des résultats sur une déclaration de Jean-Luc Mélenchon. Lorsque le candidat de la France insoumise a pris la parole le dimanche 7 mai, il a déclaré  :  «  ce soir s’achève la présidence la plus lamentable de la Ve république. » Mais dans la précipitation du direct, Agathe Ranc journaliste âgée de 26 ans, a confondu les mots «  présidence »  et « élection ». « Les mots se sont mélangés dans ma tête et dans la foulée l’article a été publié avec cette mauvaise citation en titre  », raconte la jeune femme, en CDI à  l’Obs depuis un an et demi.

LA LOI DU PLUS VIRAL

Les réactions ont été nombreuses sur les réseaux sociaux, si bien que Jean-Luc Mélenchon a lui-même tweeté : « J’ai  dit la présidence la plus lamentable. Les journalistes PS traduisent l’élection la plus lamentable. La presse la plus minable. » 

Au sein de la rédaction, à quelques pas de l’AFP, l’erreur est rapidement corrigée sur le site internet. « C’est l’un des atouts du web, explique François Sionneau, rédacteur en chef de l’Obs.fr, le fait de pouvoir mettre à jour ou corriger une erreur. On n’aime pas admettre les erreurs quand on en fait,  mais lorsqu’il s’agit de politique il faut toujours être vigilant. » Depuis six mois, la rédaction compte deux community managers à temps plein afin d’optimiser la visibilité des articles.

Le soir de l’élection, Antoine Patinet, 27 ans publie les articles du web directement sur Facebook. 35 à 40 % de l’accès à l’Obs.fr se fait via ce réseau social. « En publiant sur Facebook la mauvaise déclaration de Mélenchon je n’ai pas prêté attention à l’erreur. Le travail ce soir-là était vraiment mécanique », glisse le community manager, anciennement éditeur à la Tribune. Mais sur Facebook, lorsqu’un article est publié sur une page, son titre ne se met pas à jour, même s’il a été modifié sur le site internet. C’est ainsi que pendant près de dix-huit heures l’article comportait la mauvaise citation de Mélenchon, malgré la correction sur le site.

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« En venant travailler ce matin, je me suis rendu sur Chartbeat pour voir la réception des articles, raconte Antoine Patinet.  Pour un lendemain d’élections on est sur un bon trafic avec 2,3 millions de visites en 24 heures. » Sans surprise, c’est l’article mal titré qui bat les records ce jour là avec 2,8 millions de vues. C’est en se connectant sur la boîte de messages privés de Facebook que le community manager constate l’erreur. Des centaines de messages, plus ou moins courtois, signalent le titre trompeur qui ne s’est pas mis à jour. Dans la foulée, un mea culpa est publié en commentaire de l’article. « Avec  66 milles réactions et partages, on ne pouvait pas supprimer le post devenu viral  », admet Antoine Patinet. « Le plus important c’est qu’il n’y ait pas d’erreurs sur le site. » Sur les réseaux sociaux, même un mauvais buzz est bon à prendre, parfois au détriment de l’information.

 

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